La Nouvelle-Zélande, paradis du Sauvignon blanc

La Nouvelle Zélande produit 70% de vin blanc et 30% de vin rouge

La Nouvelle Zélande produit 70% de vin blanc et 30% de vin rouge

Perdu au milieu de l’océan Pacifique sud, à 2000 km des côtes australiennes, le vignoble néo-zélandais s’étend sur 36.000 hectares, soit à peine plus que la superficie de notre vignoble bourguignon.

Grâce à la finesse de ses Sauvignons Blancs, le savoir-faire technique de vignerons chevronnés, et une solide stratégie marketing, la viticulture néo-zélandaise s’est construite en 20 ans une place au soleil dans le paysage mondial du vin.

Quels sont ses secrets ?

Une histoire typique des vignobles du nouveau monde

L’histoire de la viticulture en Nouvelle-Zélande ressemble en tous points à celle des autres vignobles du nouveau monde : la Californie, l’Australie, l’Amérique du sud… Ces vignobles présentent en commun :

  • Un développement à partir du XIXème siècle porté par les colons et les missionnaires venus d’Europe,
  • Un développement relativement lent en raison des épidémies de Phylloxéra, des mouvements proches de la prohibition, de la concurrence des vins européens et des vins mutés, soutenue par la levée des restrictions à l’importation,
  • Une renaissance dans les années 1960 soutenue par l’industrialisation de la viticulture et l’évolution des habitudes de consommation,
  • Une accélération ces 20 dernières années due à l’émergence d’une réelle expertise vinicole donnant naissance à des champions à la renommée internationale et à la mise en place de pratique marketing efficaces.

En Nouvelle-Zélande, la récente prise de conscience de l’excellent potentiel du Sauvignon blanc a été un révélateur. Le pays est aujourd’hui reconnu comme le meilleur producteur de vins de ce cépage.

Deux îles, deux vignobles

L'île nord produit 63% du vin néo-zélandais, l'île sud 37%

L’île nord produit 63% du vin néo-zélandais, l’île sud 37%

Le vignoble néo-zélandais est le plus méridional de l’hémisphère sud. Il s’étend sur 1200km entre le 45° parallèle (l’équivalent de la latitude du Bordelais dans l’hémisphère nord) au 35° parallèle (soit la latitude de la Napa Valley ou du nord du Maroc dans l’hémisphère nord).

Sur l’île sud, les influences maritimes et les températures relativement fraîches lui confèrent un climat comparable à celui de la Bourgogne, de l’Alsace ou du Pays de la Loire, favorable aux cépages à forte acidité comme le Chardonnay, le Sauvignon blanc et le Riesling pour le blanc. Le Pinot noir s’y exprime également très bien.

  • Situé au nord-est de l’île, le vignoble de Malborough est le plus grand vignoble du pays. Alors que cette région ne produit du vin que depuis 40 ans, Malborough a acquis aujourd’hui une renommée internationale grâce à la finesse de ces Sauvignons blancs.
  • Central Otago est le vignoble le plus septentrional de Nouvelle-Zélande, et donc… du monde ! Il est situé en altitude, ce qui lui confère un climat continental favorable au Pinot Noir, qui est le cépage emblématique de cette région. Le Chardonnay est aussi bien représenté. Le terroir et le climat de Central Otago pésentent de nombreuses caractéristiques communes avec notre vignoble bourguignon.

Sur l’île nord, au climat plus doux, proche du climat méditerranéen, les cépages dits du Bordelais sont davantage représentés et produisent de très beaux vins : le Merlot, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon y sont assemblés. Du côté des vins blancs, c’est toujours le Chardonnay qui domine.

  • Hawke’s Bay est le vignoble qui bénéficie du meilleur ensoleillement du pays. Il produit les vins les plus qualitatifs de l’île nord. Son climat chaud et sec lui permet de révéler des vins de Chardonnay riches et gras, bien que moins complexes que ceux produits à Malborough. Ce sont les cépages qui apprécient le soleil qui ont fait la réputation de l’appellation : le Cabernet Sauvignon, le Merlot, et plus récemment la Syrah. Assemblés, les Cabernets et les Merlots de Hawke’s Bay rivalisent avec de grands vins de Bordeaux.
  • Si le vignoble d’Hawke’s Bay se concentre sur une production qualitative, celui de Gisborne fait dans la production de masse. L’essentiel de la production est vendue en vrac, à destination du marché intérieur. Le Chardonnay, le Merlot et le Müller Thurgau y sont les cépages les plus représentés

Le reste de l’île nord souffre d’une pluviométrie trop importante pour produire de bons vins, mais certaines exploitations y vinifient des vins achetées plus au sud.

Une viticulture orientée produit, portée par la technologie

Cuves de fermentation en Inox. On aperçoit les serpentins de circulation de l'eau froide en leur milieu.

Cuves de fermentation en Inox. On aperçoit les serpentins de circulation de l’eau froide en leur milieu.

Si la viticulture existe en Nouvelle-Zélande depuis 1819, seuls quelques exploitations vignobles sont plus que centenaires. La majorité d’en elles n’existent que depuis moins de 30 ans !

Cet essor des années 1980 s’explique par la modernisation des techniques viticoles et vinicoles poussées par les investissements stratégiques dans les infrastructures agricoles. Fermentation à froid, contrôle de la température, macération carbonique, élevage en fût de chêne neuf… toutes les étapes de la vinification sont soutenues par des techniques de pointe, qui permettent aux vignerons de maîtriser de bout en bout leur vinification.

Ce détail a son importance car il permet aux vignerons de produire des vins identiques en tous points d’une année sur l’autre. Alors que les vignerons européens cherchent à produire des millésimes uniques, tirant chaque année le meilleur parti d’un terroir, de conditions climatiques, et d’un savoir-faire, les vignerons néo-zélandais, à l’image de leurs confrères du « nouveau monde », conçoivent le vin comme un produit. Un produit qui doit être simple à marketer, identifiable par le consommateur, et donc présentant les mêmes caractéristiques d’une année sur l’autre.

Au delà de la qualité des vins produits, c’est l’autre explication du succès commercial des vins néo-zélandais.

Le paradis du Sauvignon blanc

une grappe de sauvignon blancLe vignoble néo-zélandais a connu plusieurs vagues d’encépagement. Aux cépages américains ont succédé la plantation de cépages allemands (le Riesling, le Müller-Thurgau, le Gewurztraminer).

Ce sont finalement les cépages « français » qui se sont révélés les plus adaptés aux terroirs et climats locaux. Parmi eux, un cépage historiquement répandu dans le Bordelais et le Val de Loire (Sancerre) s’avère particulièrement prometteur: le Sauvignon blanc.

Connu pour la difficulté de sa culture et sa vulnérabilité aux maladies de la vigne (odïum), ce n’est pas un hasard si son développement s’accélère dans les années 1980, aidés par l’essor des technologies agricoles qui permettent de surmonter ses difficultés.

Il révèle dans les terroirs néo-zélandais tout son potentiel aromatique: les arômes typiques du Sauvignon – fruits (fruits de la passion) et végétaux (herbe fraîchement coupée) – sont complétés par des arômes uniques aux Sauvignons blancs néo-zélandais comme le poivron vert ou encore l’asperge ! Elevés en fûts de chêne ou non, ils accompagneront délicatement des plats de fruits de mer (ça tombe plutôt bien pour une île) et les viandes blanches.

Le Sauvignon Blanc représente 90% des exportations de vin néo-zélandais. C’est dire le succès du concept qui a fait la marque des vins du nouveau monde : un cépage, un produit, un marketing. La Nouvelle-Zélande a réussi à faire du Sauvignon son symbole, au même titre que ses moutons, le kiwi et le haka 🙂

 

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