Vins bios, biodynamiques, naturels, vegan : le dossier

En France comme dans le reste des pays développés, nous consommons moins de vin, mais nous le consommons mieux. Cette tendance se traduit par une plus grande consommation des vins de bonne qualité. Mais également par un intérêt croissant pour les vins jugés « propres ».

Vin bio, biodynamique, naturel, vegan, raisonné, conventionnel… Entre labels officiels et revendiqués, il y a de quoi s’y perdre. Ce dossier nous permet d’y voir un peu plus clair. Et de lancer le débat ! 

Vin biologique

Depuis maintenant plusieurs années, la viticulture biologique est bien définie, réglementée et contrôlée en Europe et dans le monde 

  • Elle est réglementée dans chaque pays par un cahier des charges (qui n’est pas forcément le même en Europe et aux Etats-Unis par exemple)
  • Elle est certifiée par des organismes agréés et contrôlée annuellement

D’une manière générale, la viticulture bio interdit l’utilisation de produits chimiques de synthèse dans l’ensemble du processus de production du vin: 

  • Dans la vigne, où seuls les produits chimiques naturels sont autorisés
  • Dans le chai, où elle limite les quantités autorisées d’intrants qu’ils soient naturels ou de synthèse (comme le soufre par exemple)
  • Tous les intrants utilisés doivent par ailleurs eux-mêmes être certifiés biologiques (le sucre utilisé dans la chaptalisation par exemple)

Son objectif est de tendre vers une viticulture écologique qui préserve la santé et l’environnement. En revanche, elle n’interdit pas l’utilisation de produits chimiques naturels ! Comme les sulfites et le cuivre, qui ne sont pas franchement ni écolos ni sains. Mais que l’on trouve à l’état naturel dans notre environnement: 

Vin biodynamique

L’agriculture biodynamique s’inscrit dans la dynamique de l’agriculture biologique. Mais elle va plus loin en considérant le sol comme un organisme vivant.

« Si la viticulture biologique définit des règles qui visent à une production respectueuse du sol et de l’environnement en général, la viticulture biodynamique va plus loin en considérant que le sol est un organisme vivant à part entière. »

A ce titre, elle sollicite des pratiques qui peuvent paraître ésotériques mais relèvent souvent d’un bon sens paysan. L’enherbement, des préparations homéopathiques mystérieuses, des interventions rythmées par le cycle lunaire… Notre dossier fait le tour de ces pratiques en vogue :

La viticulture biodynamique n’est pas réglementée par la loi. Elle est encadrée par des organismes de certifications autoproclamés, auxquels adhèrent les vignerons qui se retrouvent dans leurs cahiers des charges. 
En France, le label le plus reconnu est le label Demeter. Un deuxième label, Biodyvin, a plus récemment vu le jour.

Bien que ce ne soit pas automatique, les vins biodynamiques correspondent généralement aux critères de la viticulture biologique. Même s’ils ne sont pas forcément certifiés en tant que tel.

Vin naturel

Il n’existe ni réglementation ni définition universelle pour encadrer la production de vins dits « natures » ou « naturels ». L’acceptation la plus répandue consiste à appeler un vin naturel, un vin qui a été produit selon le cahier des charges d’un vin bio, et dans lequel le vigneron n’a ajouté aucun produit chimique, même naturel.

Pas d’ajout de levure ni de soufre. La bouteille peut alors revendiquer la mention « sans sulfites ajoutées ». 

Il s’agit pour ces vignerons de limiter au maximum l’intervention humaine dans le processus de vinification, au nom de la recherche exclusive de la typicité du terroir. 

Comme nous l’indiquons dans notre article sur le vin naturel, cela ne signifie pas que la bouteille ne contient pas de sulfites, puisque celles-ci peuvent se trouver à l’état naturel dans le vin : 

Comme la pratique n’est pas encadrée, il n’est pas rare de trouver des vignerons revendiquant la mention « vin naturel » tout en ayant pu, ici ou là, ajouter une lichette de soufre dans la cuve pour stabiliser le vin !

Comme les vins biodynamiques, les vins naturels sont souvent des vins bios, même si ils n’en revendiquent pas forcément le label.

Vin vegan

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ni le bio, la biodynamie ou la vinification naturelle n’assurent au consommateur que son vin est un produit vegan. 

Comme nous le décrivons dans notre article sur les vins vegans, les vins sont généralement « collés » par l’ajout d’une protéine, qui peut être d’origine animale. Le collage est une étape qui consiste à clarifier le vin, qui sans ça serait d’apparence trouble, et donc plus difficile à vendre. 

En revanche, rien ne garantit qu’un vin vegan soit bio ou naturel !

Viticultures raisonnée et conventionnelle

Il convient d’ajouter à ce tableau le concept de viticulture raisonnée, qui reste le plus répandu dans nos vignes. Ses acteurs sont des vignerons sensibles au développement durable et à la nécessité de produire propre. Mais qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas s’inscrire dans une démarche contraignante de labellisation.

Soit parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Soit parce qu’ils veulent rester libres de produire les vins qu’ils veulent sans avoir à respecter un cahier des charges dans lequel ils ne s’y retrouvent que partiellement.

Quant à la viticulture conventionnelle, elle inclut tous les modes de productions qui ne sont ni bio, biodynamique, naturel, ou vegan. Si elle est de plus en plus raisonnée, on y voit également des pratiques abusives qui n’ont plus lieu d’être. Comme le recours excessif aux pesticides dans la vigne, et aux produits chimiques dans le chai. Ou encore l’utilisation trop facile de l’irrigation… Ceux-là sont sous surveillance des consommateurs de plus en plus alertes et sensibles.

Un vin bio est-il plus propre qu’un vin en agriculture raisonnée ?

Un vigneron qui travaille en « raisonné » et à qui je demandais pourquoi il ne passait pas en bio m’a tenu un discours pragmatique intéressant. Dans sa région, il est nécessaire de protéger la vigne contre les maladies comme le mildiou ou l’oïdium :

  • S’il décide d’utiliser un produit chimique de synthèse (un pesticide) pour protéger sa vigne, il devra passer 5 ou 6 fois dans les rangs durant la saison
  • S’il décidait de n’utiliser qu’un produit chimique naturel, la bouillie bordelaise par exemple, autorisée en viticulture biologique, il devrait y passer une dizaine de fois

Pourquoi ? Parce que le produit naturel ne résiste pas à la pluie alors que le produit chimique est plus persistent.

Or ni l’un ni l’autre ne sont bons pour les sols et la nappe phréatique. En revanche, passer deux fois plus de temps sur un tracteur au diesel dans les rangs pour y épandre son produit est clairement une pratique nocive.

Je lance le débat !

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