Pourquoi faut-il s’intéresser au vignoble autrichien ?

L’année 1985 restera gravée dans l’histoire du vignoble autrichien. Il y eut bien un avant et après 1985, et nul doute que les vins de la vallée du Danube et de la plaine de Pannomie ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui sans cette épreuve douloureuse que le vignoble traversa cette année-là.

Pourquoi faut-il s’intéresser à ce vignoble discret mais qui recèle bien des surprises ?

L’histoire du vin autrichien en quelques dates

Comme dans de nombreux pays viticoles européens, l’histoire du vignoble autrichien remonte au-delà de notre ère. 700 ans avant Jésus-Christ pour être plus précis, et donc avant l’occupation romaine. En témoignent quelques pépins de raisins retrouvés dans un tumulus de l’actuel vignoble de Burgenland.

On connaît le goût des romains pour la viticulture. C’est donc sans surprise qu’on observe que la période romaine assoit le développement de la culture de la vigne. Si la qualité n’est alors pas toujours au rendez-vous, celle-ci va être stimulée par l’activité des monastères au moyen-âge.

En 1784, l’empereur Joseph II signe un décret autorisant les tavernes à vendre du vin. Cette décision judicieuse accélère la production des vins autrichiens et leur réputation ne tarde pas à suivre.

En 1985, cet élan est coupé net par le scandale de la fraude des vins traffiqués au diéthylène glycol. Revenons sur cet épisode houleux qui marque un changement d’ère.

La mode va à cette époque aux vins sucrés issus de vendanges tardives. Or durant plusieurs années, les vignerons autrichiens ne bénéficient pas des conditions métérologiques permettant la bonne maturation des raisins. Sous la pression concurrentielle des célèbres Tokays de Hongrie, certains vignerons décident de verser dans leurs vins un produit chimique qui n’est ni plus ni moins qu’un antigel. Illégal et toxique, il présente la propriété de renforcer artificiellement ces vins sucrés. Mal leur en prend. La fraude est mise à jour et la plupart des pays européens interdisent instantannément l’importation de vin autrichien sur leur territoire.

Cette crise profonde déclenche une prise de conscience. Le gourvenement autrichien impose alors une réglementation stricte, une des plus contraignante d’Europe. Elle oblige les vignerons à mettre toute leur énergie dans la production de vin de qualité.

30 ans plus tard, le vignoble autrichien produit 1% du volume mondial. Petit par sa taille, il n’en recèle pas moins de nombreuses pépites.

Des cépages autochtones forts

L’originalité du vignoble autrichien repose en partie sur la qualité reconnue de ces cépages autochtones. A commencer par le Grüner Veltliner, cépage le plus planté d’Autriche (il représente à lui seul 36% de l’encépagement). Il est vinifié sous toutes les formes (vin sec, vin doux, mousseux), et donne des vins aux styles très différents en fonction des terroirs et des techniques de vinification. Il se caractérise néanmoins par son acidité marquée, ses arômes minéraux et d’épices et son potentiel de garde.

Historiquement, les différents vignobles autrichiens ont toujours diversifié la plantation de leurs cépages. Aux côtés du Grüner Vettliner, on trouvera le Welschriesling (9% de l’encépagement), cépage d’Europe centrale qui n’a rien à voir avec le riesling tel qu’on le connaît en Allemagne. Le Rivaner, plus connu sour le nom de Müller-Thurgau, représente 7% de l’encépagement. le Pinot blanc, le Pinot gris, le Riesling, le Neuburger, et le Sauvignon blanc complètent l’offre.

Au total, les cépages blancs représentent 80% de l’encépagement autrichien !

Du côté des rouges, 3 cépages dominent: le Zweigelt (9%)le Blaufränkisch (5%) et le Saint-Laurent. Le premier étant issu du croisement des deux suivants. Ce croisement, réalisé en 1922 par… le docteur Zweigelt, visait à obtenir un cépage qui s’adapte aux terroirs autrichiens et puisse se substituer aux vins italiens. Le moindre qu’on puisse dire est que l’opération a réussi.

On trouve également des traces de cépages bordelais et bourguignons : Pinot noir, Cabernet sauvignon, Cabernet franc, Merlot, … et même de la Syrah !

Les terroirs autrichiens

Le vignoble autrichien est situé à l’est du pays, le long du Danube et aux frontières de la Solvaquie, de la Hongrie et de la Slovénie. Il se répartit à travers 4 régions principales :

  • la Basse-Autriche, la plus vaste, avec 27000 hectares de vignes. Le secteur de la vallée de Wachau est le plus connu du pays, grâve à ses vins blancs secs à base de Grüner Veltliner.
  • le Burgenland, la plus chaude. C’est là qu’on trouve les meilleurs vins rouges vinifiés à partir du Blaufränkisch. C’est également la région des vins blancs liquoreux, issus de vendanges tardives, dont le très fameux Ruster Ausbruch.
  • la Styrie, la plus élevée d’Europe. On y trouve les meilleurs vins vinifiés à partir du Sauvignon blanc.
  • la région de Vienne, jusque dans la ville. Près de 700 hectares de vignes sont en effet plantées dans la métropole viennoise !

La grande variété des vins autrichiens s’explique par la diversité de ses terroirs escarpés, plus ou moins exposés au froid, au soleil et à l’humidité, dans lesquels s’expriment les différents cépages autochtones.

Ne vous fiez pas à la capsule !

Aussi nobles que soient ces vins, la plupart vous seront servis dans une bouteille capsulée. Exit le bouchon de liège considéré en France comme obligatoire pour tout bon vin qui se respecte. Sachez que ce dictat marketing n’existe nulle part ailleurs. Seules les bouteilles de vins de grande garde sont obturées par un bouchon de liège. Toutes les autres se conservent très bien avec une simple capsule, qui n’enlève rien à leur qualité.
Passez outre les apparences et appréciez ce qu’il y a dans votre verre !

 

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